L’apprentissage de l’estime de soi

 

Dans la liste des compétences à développer, sous la rubrique « compétences centrées sur soi », le programme énonce la « connaissance de soi » et l’« estime de soi ». Pour plus de détails sur les compétences du Programme Éduquer à la non-violence et à la paix, cliquez ici.

Préambule au dossier sur l’estime de soi

Éduquer à la non-violence et à la paix, c’est tout un programme. Tel était le titre du forum « La non-violence à l’école » qui s’est tenu à Paris, dans une salle du palais du Luxembourg, le 18 novembre 2005. Il était organisé par la « Coordination française pour la Décennie de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix ». Celle-ci présentait, à cette occasion, son programme pour l’éducation à la non-violence et à la paix , rédigé « comme si » celui-ci devait devenir un programme officiel de l’Éducation nationale destiné à toutes les classes, de la petite section de maternelle jusqu’à la classe de troisième, pour une heure d’éducation par semaine et par classe

Ce programme propose aux élèves une formation qui développe chez eux des habiletés psychosociales leur permettant de contribuer à l’amélioration du « bien vivre ensemble ». L’objectif général du programme est « l’acquisition par les élèves d’un savoir, d’un savoir-faire, d’un savoir être leur permettant de cultiver des relations pacifiées, coopératives, solidaires et fraternelles avec les autres enfants et avec les adultes et de développer des aptitudes citoyennes les rendant acteurs de la vie démocratique de notre société »

Dans la liste des compétences à développer, sous la rubrique « compétences centrées sur soi », le programme énonce la « connaissance de soi » et l’ « estime de soi » :

« Connaissance de soi : cette compétence a pour objectif de développer chez les élèves la connaissance valorisante de leurs aptitudes, de leurs capacités physiques et mentales, de leurs goûts, de leurs « points forts », sur lesquels ils pourront s’appuyer dans les situations difficiles. Il s’agit également de leur faire connaître leurs limites pour les accepter sereinement. Estime de soi et confiance en soi : les activités qui permettent aux élèves de mieux se connaître de façon valorisante développent chez eux confiance et estime de soi. Les enseignants veillent à porter un regard positif sur les élèves afin de les valoriser en validant leurs performances et en reconnaissant l’ensemble de leurs compétences, qui ne se limitent pas au seul domaine cognitif. »

Dans une société individualiste et compétitive, développer l’estime de soi est une nécessité. L’estime de soi permet, en effet, de s’affranchir des conditionnements de l’enfance, de devenir soi-même, de s’ouvrir au monde, de gagner en réussite. Elle permet aussi de persévérer dans ses choix, quels que soient les obstacles et les influences extérieures (pressions des média, de la mode, de la société de consommation). L’estime de soi est vitale. L’estime de soi est définie comme étant l’évaluation positive de soi même. Celle-ci est fondée sur la conscience de sa propre valeur et de son importance inaliénable en tant qu’être humain. Il ne s’agit pas seulement d’avoir des qualités, des habiletés, des aptitudes et des savoir-faire, ce dont tout un chacun est pourvu. Il s’agit d’abord de les connaître et d’en avoir pris conscience comme étant des atouts qui permettent d’aborder sereinement toute situation nouvelle. « Une personne qui s’estime, se traite avec bienveillance et se sent digne d’être aimée et d’être heureuse. L’estime de soi est également fondée sur le sentiment de sécurité que donne la certitude de pouvoir utiliser son libre arbitre, ses capacités et ses facultés d’apprentissage pour faire face, de façon responsable et efficace, aux événements et aux défis de la vie » dit Josiane de Saint-Paul (voir bibliographie). Cependant l’estime de soi ne peut se réduire à une juste connaissance de ses points forts ; elle suppose également une juste perception de ses difficultés et de ses limites. Cela doit permettre d’assumer sereinement des échecs, de les relativiser et même d’en faire des occasions d’en tirer des leçons pour progresser. L’estime de soi n’est donc pas le reflet des capacités réelles du sujet, mais de celles qu’il a conscience d’avoir et de celles qu’il a conscience de ne pas avoir.

Il y a une parenté très grande de l’estime de soi avec les notions de connaissance de soi, de confiance en soi et d’affirmation de soi. Une bonne estime de soi nécessite de connaître ses qualités, ses compétences, ses valeurs, mais aussi d’accepter ses imperfections. Elle suppose donc une bonne connaissance de soi, de son corps, de son être pensant, de ses capacités sensori-motrices, de ses sentiments et ses besoins, de sa sexualité, etc. L’estime de soi aide à ne pas craindre l’échec ni le jugement et à prendre toute expérience de la vie comme une occasion d’apprentissage. On peut dire que la confiance en soi, c’est l’estime de soi dans l’action. L’estime de soi aide à s’affirmer en osant exprimer ses émotions, ses sentiments, ses pensées et ses besoins, en apprenant à formuler des demandes claires et en sachant dire « Non » quand il est opportun de le faire. On peut dire que l’affirmation de soi, c’est l’estime de soi dans le lien social, dans la relation avec les autres.

Le degré d’estime de soi peut varier d’un domaine à l‘autre de la vie (famille, profession, relation…), il est aussi en évolution constante tout au cours de la vie. En effet, l’estime de soi se construit, s’apprend par un travail régulier et constant de la petite enfance à l’âge adulte. La sécurité matérielle et affective, l’accompagnement dans le processus de connaissance de soi et d’apprentissage en valorisant les succès et en analysant les erreurs, l’éducation à la rencontre bienveillante avec les autres créent un climat favorable pour que l’enfant se perçoive comme quelqu’un qui a de la valeur, quelqu’un digne d’être aimé.

Tout au long de la vie, continuer à mieux connaître ses qualités, ses habiletés, ses points forts, ses limites, analyser ses erreurs et échecs pour en faire un tremplin afin de rebondir, apprécier les signes de reconnaissance et avoir un regard positif sur les autres : voilà ce qui contribue à la construction de l’estime de soi.

L’estime de soi croit quand nous travaillons la communication, le respect des différences, quand nous développons la coopération, quand nous approfondissons la connaissance des autres cultures, des autres personnes et de nous-mêmes. Elle est une des compétences psychosociales à cultiver dans tout programme d’éducation à la paix et à la non- violence.

Références bibliographiques :

  • Christophe André, Imparfaits, libres et heureux, Pratique de l’estime de soi, éd. Odile Jacob, 2006.
  • Josiane de Saint Paul, Estime de soi et confiance en soi, Inter Editions, 1999 ;
  • Non-violence Actualité, S’affirmer sans agresser, Estime de soi et prévention de la violence , éditions nva/collection Pratiques de non-violence, 2007.
  • Marie-José Auderset, La confiance en soi ça se cultive, éd. De la Martinière Jeunesse, 2007. Diffusion NVA.

Dans la Collection éditée par l’Hôpital Sainte–Justine (Centre hospitalier universitaire mère–enfant de Montréal), on trouve plusieurs ouvrages consacrés à l’estime de soi :
- Germain Duclos, L’Estime de Soi, un passeport pour la vie
- Germain Duclos Danielle Laporte, Jacques Ross, L’Estime de Soi des Adolescents, 2002. Diffusion NVA.
- Danielle Laporte, Lise Sévigny, L’Estime de Soi des 6-12 ans, 2002. Diffusion NVA.
- Danielle Laporte, Favoriser l’estime de soi des 0-6 ans, 2002. Diffusion NVA.
- Danielle Laporte, Pour favoriser l’Estime de Soi des tout- petits, Guide pratique à l’intention des parents d’enfants de 0 à 6 ans, 1997.
- Germain Duclos, Quand les tout-petits apprennent à s’estimer, Guide théorique et recueil d’activités pour favoriser l’Estime de Soi des enfants de 3 à 6 ans, à l’intention des éducateurs qui oeuvrent en petite enfance, 1997. Diffusion NVA.
- Louise-Anne Beauregard, Richard Bouffard, Germain Duclos, Programme Estime de soi et compétence sociale chez les 8 à 12 ans, Guide de l’animateur et Cahier d’activités reproductible, 2000. Diffusion NVA.

 Posted by on 3 janvier 2013